Interview de Carl Lang pour la Gazette de Côte d'Or

Publié le par La rédaction



Carl Lang : « Le FN vit sa fin politique »
Viré du Front National en début d'année, Carl Lang a créé le Parti de la France au mois de février. Avec quelques déçus du FN, le député européen espère redonner du souffle à une droite nationale fatiguée. Tout en donnant quelques coups de griffes à la famille Le Pen...
 

La Gazette : Carl Lang, comment se porte le Parti de la France, le dernier venu sur la scène politique française ?

Carl Lang : Bien. Notre parti n'a qu'un mois et demi d'existence, puisqu'il a été officiellement créé le 23 février dernier. Nous débutons et notre première mission est de nous faire connaître. Les élections européennes tombent d'ailleurs plutôt bien, puisque cela va nous permettre d'occuper le terrain et de mieux être connus par nos concitoyens. Les électeurs de la droite nationale veulent un renouveau.

La Gazette : Les sondages les plus récents créditent le Parti de la France d'à peine 0,5 % d'intentions de vote. N'est-il pas un peu trop tôt pour se lancer dans une telle campagne ?

Carl Lang : Au contraire. D'abord, ces sondages ne sont pas si récents que ça. Et je pense que nous pouvons espérer faire un meilleur score. Le plus important pour nous lors de ces élections n'est pas forcément électoral mais politique. Elles vont nous permettre de marquer le terrain, de faire connaître les idées que nous entendons défendre. Notre vrai objectif, ce sont les régionales de 2010. De plus, le FN s'émiette dans les sondages, et les déclarations de Jean-Marie Le Pen à Bruxelles sur les chambres à gaz sont suicidaires pour le FN.

La Gazette : Contestez-vous ces déclarations ?

Carl Lang : Je ne cautionne pas cette vision de l'Histoire. Elle est absurde. Maintenant, Jean-Marie Le Pen dit ce qu'il pense. A lui d'assumer... Mais je connais des électeurs frontistes qui sont ulcérés par ces dérapages à répétition.

La Gazette : Combien comptez-vous présenter de listes à l'occasion des élections européennes ?

Carl Lang : Quatre. Une dans le Nord-Ouest, où je serai tête de liste, une autre dans le Sud-Ouest que conduira Jean-Claude Martinez, une en Ile-de-France et la dernière dans la région Centre. Mais pas à l'Est et donc en Bourgogne, car nous ne voulons pas présenter de liste face à Bruno Gollnisch. Au nom de l'avenir commun.

La Gazette : C'est-à-dire ?

Carl Lang : Je souhaite travailler un jour avec lui. Comme j'imagine qu'il lui sera difficile de succéder à Jean-Marie Le Pen en 2010, ce sera peut-être ailleurs... Mais je précise que nous ne travaillerons jamais avec le FN de Le Pen. D'ailleurs, je ne l'appelle plus que le Front Familial...

La Gazette : Autrement dit, la succession de Jean-Marie Le Pen reviendra quoi qu'il arrive à Marine ?

Carl Lang : Dans les faits, c'est elle qui dirige. Son père ne fait que présider. L'après Jean-Marie Le Pen sera l'après FN, qui est trop lié à la personnalité de son fondateur. Quand j'étais au Front National, dont j'étais le secrétaire général, j'ai souvent tenté de m'opposer aux sanctions et aux exclusions, mais en vain. La seule chose qui fonctionne encore au FN, c'est la commission de discipline. Face à cette situation, j'ai compris qu'il fallait essayer autre chose.

La Gazette : Vous avez créé votre parti. Mais il y a le FN donc, le MNR et la très confidentielle Nouvelle Droite Populaire. On parle d'émiettement à l'extrême-gauche, mais c'est un peu la même chose à l'extrême-droite, même si vous préférez l'expression droite nationale...

Carl Lang : C'est une vision des choses. Pour ma part, je considère que le FN vit sa fin politique. Il a rempli sa mission, mais c'est la fin d'un cycle. Il faut désormais songer à de nouvelles méthodes. Il existe en effet d'autres partis de droite nationale, et certains ont des relations étroites, comme le Parti de la France avec le MNR.

La Gazette : Votre programme, basé sur le protectionnisme économique, la préférence nationale et la lutte contre l'immigration, présente beaucoup de similitudes avec les thèses du FN...

Carl Lang : Cela est normal, car nous nous inscrivons sur la ligne historique du FN d'avant 2007. Nous estimons ainsi qu'en période de crise, les emplois doivent être réservés aux nationaux des pays membres de l'UE. L'Europe et la France n'ont plus les moyens de supporter le poids de l'immigration. Il faut également rétablir les barrières douanières et favoriser les produits européens en imposant des quotas d'importation. Il me semble urgent de sortir de la logique du marché ouvert mondial.

La Gazette : On se trompe en vous imaginant partisan de l'immigration zéro ?
 
Carl Lang : Non seulement il faut mettre un terme à l'immigration, mais il faut également en inverser le cours. Par exemple, un étranger sans travail depuis six mois devrait être reconduit à la frontière. Il ne faut pas accepter la fatalité de l'immigration, qui menace l'unité nationale et favorise le communautarisme. En prônant l'immigration choisie, Nicolas Sarkozy veut piller les compétences de l'Afrique. Il faut au contraire coopérer avec celle-ci, en l'aidant à se développer pour qu'elle puisse conserver ses élites.

La Gazette : L'Islam constitue-t-il toujours selon vous une menace ?

Carl Lang : La France n'a pas vocation à devenir une terre d'Islam. Et l'islamisme est un vecteur aggravant, car il ne fait qu'obéir à un processus révolutionnaire. C'est une internationale politico-religieuse. Les immigrés sont de plus en plus souvent pris en main par les plus radicaux. Et cela constitue une menace pour notre sécurité et notre culture.


par Alexis Billebault - 09/04/2009

 

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