Lettre ouverte de Pierre Descaves à Jean-Marie Le Pen

Publié le par La rédaction

Monsieur le Président du Front National,

Les élections européennes conduisent les véritables patriotes à s'interroger sur le désastre résultant de nos divisions, de nos incompréhensions, de notre refus de nous écouter comme si nous étions devenus, plus que des adversaires, des ennemis.

 

Nous prétendons pourtant, les uns et les autres, agir au service de notre peuple, de notre patrie de notre civilisation chrétienne.

 

C'est à vous que je lance cet appel angoissé, en souvenir de nos anciens combats pour la libération de la France occupée, pour la sauvegarde des 15 départements français d'Algérie et du Sahara, puis, après que je vous ai rejoint, à l'Assemblée Nationale, où nos 35 députés ont mené un combat exemplaire dont la trace est restée gravée dans le « Journal Officiel des débats » ( 1986 à 1988 ).

 

L'union de 1984, baptisée « Rassemblement National », a fait la preuve de son efficacité et à permis au F.N. de devenir une force politique incontournable. J'y ai apporté mes efforts personnels et l'on a beaucoup parlé dans les médias de Noyon, de l'Oise, de la Picardie, devenue l'un des fiefs principaux du F.N.

 

La scission de 1998 avait pu être surmontée et nos résultats s'étaient stabilisés après avoir progressés.

 

Pourquoi a-t-il fallu que vous mettiez en œuvre une sorte de monarchie héréditaire alors que les statuts du parti avaient prévu le cas de votre retraite ?

 

Pour assurer cette succession vous avez du procéder par élimination.

 

Jacques PEYRAT, Bernard ANTONY, Jacques BOMPARD, Marie France STIRBOIS, furent successivement éliminés, puis ce fut le tour de celui qui avait reconstitué l'appareil, après la scission de 1998, votre ancien Secrétaire général éliminé pour que votre fille Marine puisse prendre sa place. Cette triste décision vous conduisit ensuite à exclure la plupart des cadres et élus de cette région restés fidèles au Député sortant.

 

Pourtant, de mon point de vue, rien n'est définitivement perdu.

 

Vous allez devoir quitter la présidence du F.N. pour prendre, ce qui est parfaitement légitime, une retraite bien méritée après tant d'années de combat au service de notre chère France.

 

Deux candidats seront en lice pour vous succéder, votre fille Marine et votre plus ancien compagnon de combat, Bruno GOLLNISCH.

 

Pourquoi ne pas organiser rapidement une compétition loyale entre ces deux candidats , même si les exclusions n'ont affaibli qu'un seul camp ?

 

Si Marine devait l'emporter, votre objectif serait atteint et il serait prouvé qu'elle devrait sa fonction au vote des adhérents et non à votre seule décision.

 

Dans le cas contraire, je crois Bruno GOLLNISCH capable de reconstituer autour de sa personne, l'unité du mouvement national aujourd'hui en grande difficulté car les scores électoraux ne s'additionnent pas. Ils divisent les forces de reconstruction nécessaires à notre Patrie pour retrouver sa place dans un monde qui a vu la flamme tricolore pâlir, même si l'illusionniste de l'Elysée a remplacé l'action par la gesticulation.

 

Souvenons nous aussi que l'union décuple les résultats électoraux et ravive le moral des militants.

 

Voila, monsieur le Président du Front National, le cri du cœur d'un patriote sincère désireux, par-dessus tout, de voir reconstituée l'union des patriotes pour repartir à la conquête du pouvoir dans le but ultime de rétablir les valeurs traditionnelles de notre peuple qui ont fait sa force et son rayonnement partout dans le monde.

 

Les octogénaires que nous sommes devenus ne seront plus à la pointe du combat même s'ils restent des conseillers écoutés.

 

En souvenir d'un passé s'étendant de 1954 à 2008, soit sur 54 ans, je vous adresse mon plus amical et affectueux souvenir.

 

Pierre DESCAVES

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