Aux Champs Elysées, les seules violences ont été policières.

Publié le par La rédaction


La Manif pour tous, j'y étais, en famille, au milieu des centaines de milliers de participants, plus particulièrement des gens de mon département.

Je témoigne de l'immense foule, calme mais déterminée. Je témoigne que durant de nombreuses heures nous avons été parqués comme du bétail, avec une telle densité que, le moindre mouvement de panique aurait pu provoquer un drame et de nombreux morts. 

Après toutes ces heures, lorsque la foule a commencé à se disperser, après quelques hésitations (retour ou pas par le car qui m'avait amenée) , j'ai décidé de remonter l'Avenue de la Grande Armée, vers le podium et vers les Champs Elysées. J'ai été impressionnée par le déploiement des forces de l'ordre au niveau de l'Arc de Triomphe, entièrement encerclé par des barrières anti-émeutes. Un monsieur rencontré m'a avoué : "je n'ai jamais vu ça, même au moment de la loi Devaquet !" (rappelons que le mouvement étudiant avait été particulièrement violent et on avait dénombré des dizaines de blessés). J'ai donc contourné l'Arc pour tenter de rejoindre les Champs. C'est à ce niveau que je me suis faite gazer une première fois, pas méchament, je n'étais pas en première ligne et ne savais même pas ce qui se passait. Les rues adjacentes étaient bouclées par les forces de l'ordre et les gens ne pouvaient pas sortir. Il y a eu plusieurs charges et gazages ainsi que des matraquages. Des gens ont été interpellés brutalement pour avoir voulu passer.

J'ai continué mon chemin, espérant toujours rejoindre les Champs. Et là, plus de problème, certaines rues étaient grandes ouvertes, aucun dispositif de sécurité, (y compris à proximité du Palais présidentiel !) On accédait donc librement aux Champs Elysées, sans avoir besoin de forcer quoi que ce soit. Il y avait des milliers de personnes sur les Champs. Tout le monde était détendu, heureux de pouvoir enfin marcher après ces heures à piétiner. Les magasins étaient tous ouverts, nous étions bien accueillis dans les cafés, les touristes se promenaient. Je n'ai vu aucun groupe violent ou provocateur.

Un peu avant le rond point, il y avait un barrage tenu par la Gendarmerie mobile. Les gens se sont donc regroupés là. L'ambiance était bon enfant. des slogans contre la loi Taubira mais aussi la Marseillaise et des chansons (cf la vidéo). Ce rassemblement spontané a été à tout moment pacifique. Il n'y a eu aucune tentative pour provoquer les gendarmes ou tenter de forcer le barrage. 

Je suis remontée un instant sur l'Avenue et j'ai alors vu qu'un deuxième barrage se mettait en place un peu plus haut et que des ambulances commençaient à stationner entre les deux. Il y avait donc bien volonté de la part des forces de l'ordre d'agir violemment. Je suis redescendue vers le rassemblement. Les gens étaient assis par terre, toujours calmes et joyeux. C'est à ce moment que les gendarmes ont commencé à nous charger et à nous gazer. Certaines personnes n'ont pas eu le temps de se relever et ont été gazées à bout portant. Il n'y a eu aucune résistance ni violence envers les gendarmes et ce sang froid des manifestants a sans doute évité de graves conséquences que peut être espérait le gouvernement;  Les gens se sont repliés tout simplement. Les ambulanciers de la Croix Rouge ont pris en charge avec beaucoup de gentillesse les gens les plus atteints. 

Je témoigne donc que, dimanche soir, les seules violences policières ont été le fait des forces de l'ordre et que, contrairement à ce qu'a affirmé Manuel Valls, l'Elysée n'était pas menacé. J'ai pu échanger avec d'autres personnes, venues, comme moi, un peu par curiosité et qui ont été très choquées par cette violence disproportionnée. 

Le gouvernement socialiste  révélé dimanche son vrai visage qui est tout sauf démocratique. Les français attachés aux libertés fondamentales d'expression et de rassemblement doivent exiger fermement la démission du Ministre de l'intérieur qui, par son attitude irresponsable (minimisation volontaire de la manifestation, refus injustifié desChamps Elysées) est seul responsable des graves évènements survenus, inacceptables dans un pays prétendument démocratique (des touristes slovaques nous ont dit "c'était comme ça en URSS !") et dont les images ont choqué à travers le monde entier.



Source PDFCentre

Jeanne Dumont

Membre du Bureau Politique du PDF

 

 

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