Hier comme aujourd'hui, A bas les voleurs!

Publié le par La rédaction

6-fevrier-RF.jpgMardi 6 février 1934

Extraits du livre  « Les droites dans la rue »
de Francis Bergeron et Philippe Vilgier

Editions Dominique Martin Morin

 

[Un scandale secoue la classe politique française : l’affaire Stavisky. Un scandale de plus, serait-on tenté de dire. Mais celui-ci semble plus important que tous les précédents, d’autant qu’il compromet de hauts fonctionnaires, des magistrats et même un ministre, radical-socialiste et franc-maçon, Dalimier. Avec la complicité de politiciens, Alexandre Stavisky a réussi à escroquer près de 650 millions de francs, somme considérable pour l’époque. L’opinion est chauffée à blanc. Le 6 février 1934, l’Action Française publie des lettres compromettantes de Dalimier. Sous le titre « A bas les voleurs », l’organe du nationaliste intégral appelle, à manifester dans la rue …] 

[…Depuis le 3 février, les Croix de Feu sont en alerte, ils ont placardé 50.000 affiches sur les murs de Paris : « Assez de scandales. Le parlement est infiltré de bandits, les gouvernements sont impuissants. L’irresponsabilité est générale. Peuple français la révolution, l’aventure, la ruine, la guerre te menacent. Fais entendre ta voix souveraine au-dessus des partis politiques »…]  

 [… Le 6 février ne sera pas une journée d’émeutes comme les autres. En effet ce mardi, tous les mouvements nationaux et nationalistes ont appelé à manifester. Ils sont rejoints par l’Union nationale des combattants, et même par l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) d’obédience communiste. L’Humanité du 6 février titre d’ailleurs «  Manifestez » …]

 [… Dés 11 heures du matin, la foule commence à se rassembler place de la Concorde , qui au-delà fait face à l’Assemblée nationale. A 16 h 45, un service d’ordre de gardes mobiles, 2000 hommes, interdit l’accès du pont de la concorde. Alors que la nuit tombe sur la capitale, les premiers affrontements  se produisent à la hauteur de l’hôtel Crillon : «  A bas les voleurs ! Démission ! Vive Chiappe (préfet de police) Les agents avec nous ! » … ]

 […Entre 19 h 30 et 20 h, les gardes mobiles déclenchent une première fusillade au pont de la Concorde et aux abords de la Chambre. Aucune sonnerie, aucune sommation n’a été faite aux manifestants. Des hommes et des femmes tombent la face contre terre. La foule reflue en tous sens et cherche à se protéger. La garde à cheval charge alors, sabre au clair, et tournoie sur la place, pour disperser les groupes agglutinés autours des cadavres et des blessés…]

[… Le bilan est lourd : la nuit même, on a relevé 16 morts (dont 15 par balles) et près de 600 blessés du côté des manifestants. Certains d’entres eux mourront peu après des suites de leurs blessures…]






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