La bourgeoisie catho-libérale me donne de l’urticaire !

Publié le par La rédaction

Frigide Barjot a abandonné le combat. Au revoir et merci pour le travail accompli ; les dérapages de ces dernières semaines n’effacent pas la formidable mobilisation qu’on lui doit.

Mais Frigide la déjantée a fait – avec fracas — le même choix que nos bourgeois bien comme il faut qui, eux aussi, ont déposé les armes après une, voire deux manifestations. Ces gens-là, je les connais bien : j’en suis issu ! Cette bourgeoisie catho-libérale qui donne furieusement envie d’attenter à la charité, plus attachée au qu’en-dira-t-on qu’à la force des convictions ; ces gens que je ne dois pas juger, mais qui parfois… provoquent des crises d’urticaire !

En 1975, l’avortement, c’était mal. Paralysée par la trouille, l’Église n’a pas bougé. Simone Veil s’en souvient encore. Chez ces gens-là, on n’a pas bougé non plus. Oh, certes, on condamnait la chose, mais il n’était pas question de descendre dans la rue. Et puis, quand la petite Unetelle réglait discrètement un embarras passager, c’était bien triste, mais toujours préférable à ce qu’elle soit fille mère, ou pire, épouse l’ouvrier qui l’avait engrossée… Hypocrites !

En 2013, quand leurs enfants et petits-enfants s’en vont défiler pour la vie, ces gens-là considèrent d’un air compassé que ce n’est pas convenable !

En 1984, pour la défense de l’École libre, alors là, on allait voir ce qu’on allait voir ! Plus de scrupules, l’État était socialiste et les évêques, marqués à la culotte par les associations familiales, ont un peu haussé la voix. On connaît la suite : 2 millions de personnes dans la rue, le retrait du projet, la victoire ! Quelques années plus tard, le projet sorti par la porte rentrait par la fenêtre, et les accords Lang-Cloupet faisaient de l’enseignement privé l’annexe du public. Lesquels d’entre eux s’en offusquèrent ?

En 2013, quand leurs enfants s’adressent aux écoles hors contrat, ils les traitent d’intégristes…

En 1999, lors du débat sur le PACS, ils ont manifesté.

En 2012, ils votent les yeux fermés pour des candidats qui ont retourné leur veste sur ce sujet.

En janvier 2013, ils sont descendus dans la rue pour protester contre la loi Taubira. Besoin de s’encanailler en bonne compagnie ? Plaisir de monter ensemble dans le car affrété par la paroisse ? En tout cas, c’était très bien porté.

En mai 2013, la loi promulguée, ils passent à autre chose. Et ils continueront de voter, les yeux fermés, pour Copé et ses copains, parce qu’ils ont toujours fait ça ; parce que réfléchir les distrairait de leurs occupations importantes ; parce qu’ils ne veulent pas se compromettre avec des « extrémistes », comme ils le lisent dans Le Monde de M. Bergé.

Alors, quand nous continuerons, ils souriront d’un air indulgent. Puis ils s’offusqueront discrètement. Et, un jour, ils nous considéreront comme des excités, ou nous traiteront de fachos. Nous, leurs enfants.

C’est ainsi. C’est tout ce que nous pouvons attendre de la bourgeoisie libérale. En fait, pas grand-chose !

 

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