Lettre ouverte aux adhérents du Front National de l'Aisne.

Publié le par La rédaction

Puisieux et Clanlieu, le 28 mai 2009

Lettre ouverte aux adhérents du Front National de l'Aisne.

Bruno Dekkers

Conseiller municipal de Puisieux et Clanlieu.(02)


Madame, Mademoiselle, Monsieur

Chers Amis,

 

Il y a déjà deux mois, lors de la réunion du bureau de la fédération de l'Aisne présidée par Wallerand de Saint-Just, j'ai remis ma démission du Front National. Cependant le procès-verbal que j'ai reçu de cette réunion ne mentionne aucunement cette décision, qui a pourtant fait l'objet d'une vive discussion, certains membres du bureau comprenant ma décision, d'autres, notamment le secrétaire départemental ne l'acceptant pas. Par ailleurs, ma démission n'a pas été transmise à la direction du Front National, qui me considère donc encore comme membre de son organisation.

C'est pourquoi je me permets de vous écrire pour lever toute ambiguïté. Vous trouverez ci-dessous les raisons politiques qui m'ont amené à prendre cette décision.

Auparavant, je remercie tous les militants de l'Aisne, avec lesquels j'ai partagé les mêmes espérances, notamment ceux du canton de Sains-Richaumont.

Ma démission est donc, non pas la conséquence de griefs personnels à l'égard de quiconque dans notre département ou dans la direction du Front National, mais le constat d'un divorce croissant entre les idées m'ayant amené au Front National et l'évolution de celui-ci depuis plusieurs années.

Le Front National auquel j'ai adhéré en 1986 défendait alors les idées qui me sont chères :

- le combat pour la Vie contre notamment la loi "Veil-Chirac-Giscard" .

- la défense de notre identité, menacée par une immigration majoritairement déjà originaire de pays musulmans ;

- l'attachement à notre civilisation chrétienne menacée hier par le communisme soviétique et aujourd'hui par l'islamisme ;

- les valeurs traditionnelles en particulier celles de la famille.

Ces positions ont progressivement été abandonnées après l'élection présidentielle de 2002. Cette année là, Marine Le Pen déclarait publiquement à la télévision qu'elle voulait garder la loi Veil sur l'avortement. Cette déclaration, contraire aux engagements du programme du Front National a été suivie d'une promotion : en 2003, elle a été nommée vice-président du FN, puis désignée comme tête de liste en Ile de France aux élections régionales et européennes de 2004.

 

Pendant la dernière campagne présidentielle, la dérive s'est aggravée :

- le lancement en 2006 de la campagne à Valmy où, dix ans auparavant, les franc-maçons du Grand-Orient s'étaient rassemblés contre la célébration par Jean-Paul II à Reims du quinzième centenaire de la France ;

- l'accueil aux BBR de Dieudonné, provocateur de gauche, candidat aux élections législatives de 1997 à Dreux contre Marie-France Stirbois et qui en 2006 défilait en faveur des immigrés clandestins de Cachan ;

- le discours de la dalle d'Argenteuil où les immigrés étaient considérés comme "des branches de l'arbre France".

Marine Le Pen, sous l'influence probablement de ses conseillers qu'elle a promus (notamment les deux responsables de la formation Bruno Bilde et Steeve Briois), conduit le Front National sur la Vie et sur la famille à s'aligner progressivement sur l'UMP : désormais le FN veut garder la loi Veil et le PACS, qui constitue pourtant une étape décisive dans la reconnaissance par la loi des « mariages » homosexuels et des « familles » homoparentales. Par ailleurs, en demandant, (comme le faisait le RPR dans les années 90), « l'immigration zéro », le Front National renonce à proposer l'inversion des flux migratoires extra-européens, c'est-à-dire la diminution du nombre d'immigrés non européens.

Me retrouvant de moins en moins dans les idées, je me retrouve aussi de moins en moins dans les méthodes de l'actuelle direction du Front National. Le parachutage de Marine Le Pen aux élections européennes de cette année dans les régions du Nord-Ouest est totalement injustifié. Habitant à Saint-Cloud, conseiller régional des Hauts de Seine en Ile-de-France, élue au Parlement européen en 2004 en Ile-de-France, Marine Le Pen n'a aucune raison de changer de circonscription, si ce n'est pour garder son mandat de député. Pour quoi faire d'ailleurs ? Pas grand-chose, puisqu'elle le reconnaît elle-même, elle est parmi les députés français, la moins présente et la moins assidue, contrairement à Carl Lang qu'elle veut éliminer et qui figure parmi les députés français les plus actifs.

Son score à Hénin-Beaumont aux élections législatives de 2007 n'est pas non plus un argument. Avec 24 % des voix au premier tour, elle a certes fait six fois plus que la moyenne des candidats du FN et deux fois plus que Carl Lang (12 %). Mais c'est un résultat artificiel obtenu principalement pour deux raisons :

- La médiatisation dont elle bénéficie depuis 2002, aux dépens des autres dirigeants du Front National, (Bruno Gollnisch délégué général et Carl Lang quand il était secrétaire général n'ont pas bénéficié du dixième de cette médiatisation dispensée par les journalistes du système), et même de son père.

- Le cadeau de l'UMP qui, dans une circonscription détenue par les socialistes, a renoncé à aller au second tour en parachutant un inconnu issu de l'immigration maghrebine, qui n'a pas fait campagne et ne se réclamait même pas de Sarkozy. Par comparaison, Carl Lang avait face à lui le député sarkozyste sortant de l'UMP.

Ainsi Marine Le Pen apparaissait comme l'unique représentante de la droite dans cette circonscription. Quant aux élections municipales de Hénin-Beaumont, elle ne menait pas la liste du FN qui était conduite par Steeve Briois.

Dans l'espoir de vous retrouver bientôt, je vous prie, Chers amis de l'Espérance française, d'agréer l'expression de mes sentiments nationaux les meilleurs.

 

Bruno Dekkers

Conseiller municipal de Puisieux et Clanlieu.(02)

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